EDITO

Madame, Monsieur,

Voici 3 ans, les États de la France avaient, à travers leur « manifeste », solennellement attiré l’attention du gouvernement et de l’opinion publique sur le risque de « décrochage » que la France courrait en matière d’attractivité, et pointé du doigt les difficultés que les responsables de filiales de sociétés étrangères rencontraient pour convaincre leurs maisons-mères de faire le choix de la France pour y investir et y créer des emplois.

Depuis lors, une inflexion significative a été apportée à la politique gouvernementale. Entre CICE, Pacte de responsabilité et de solidarité, mesures de simplification, loi « Croissance, activité et égalité des chances économiques », loi « Modernisation du dialogue social », un nouvel environnement législatif et
réglementaire s’est installé qui, même s’il est en deçà des attentes exprimées lors des États de la France, rend la mission d’ « ambassadeurs » des responsables de filiales françaises de sociétés multinationales plus aisée qu’elle ne l’était alors.

La France fait-elle pour autant mieux ? Sans doute un peu, et c’est « tant mieux ». Mais l’attractivité est une compétition féroce où il convient non seulement de faire mieux qu’avant mais surtout mieux qu’ailleurs. Et c’est là souvent que le bât blesse car notre pays doit faire face non seulement à la concurrence de pays plus jeunes et plus agiles, mais aussi de vieux pays, comme le nôtre, qui ont mis au coeur de leur politique, l’attractivité.

Voilà pourquoi les États de la France avaient l’an dernier formé le voeu que la France « conserve le cap, accélère le rythme et amplifie l’effort ». Les États de la France avaient alors aussi souligné combien, en matière d’attractivité, la « mère » de toutes les réformes était celle du Code du Travail, dont la complexité, la lourdeur et l’insécurité demeuraient le « talon d’Achille » de la France.

La loi « Travail » qui dans sa version initiale fut saluée par les maisons-mères, aurait pu être un signal fort adressé par la France à la communauté internationale des affaires sur sa capacité de réforme. Mais de compromis en concessions, elle aura largement perdu de sa substance et notamment, avec la suppression du périmètre national dans l’appréciation des difficultés pour les licenciements économiques, privé les multinationales d’une mesure qui aurait eu un effet incitatif pour orienter vers la France des investissements créateurs d’emplois.

Pire, les violences qui ont accompagné la naissance de cette loi ont gravement altéré l’image déjà fortement dégradée que véhicule la France, où toute velléité de réforme met celle-ci à feu et à sang.

Cette occasion manquée illustre la difficulté de notre pays, encore prisonnier de trop de conservatismes et de résistance au changement, à définitivement prononcer son aggiornamento.

Se mettre à l’heure d’un monde qui bouge plus vite que nous ne le faisons est le voeu que les États de la France formeront lors de leur prochaine édition – qui cette année encore sera parrainée par Accenture, Adecco, EY, Hewlett Packard Entreprise, Roche et Siemens – et soutenue par 70 filiales françaises de multinationales étrangères.

Cet appel, nous le lancerons aux marches d’une élection présidentielle décisive pour l’avenir d’un pays aujourd’hui à la croisée des chemins.

Les États de la France ont salué les initiatives que la France a prises ces dernières années en matière d’attractivité et le rappelleront au Premier ministre, qui honorera de sa présence cette 11e édition dont il assurera la clôture. Dont acte. Mais le compte n’est pas encore bon et notre pays se trouve aujourd’hui au « milieu du Rubicon ». Il nous faut dorénavant traverser celui-ci en engageant les réformes qui nous permettraient enfin de nous battre à armes égales avec nos concurrents. Et le faire avec courage, audace et détermination en n’ayant pas la main qui tremble quand il s’agit de s’attaquer aux vieux tabous et de faire tomber les totems d’un autre temps, afin que notre pays – où le vieux a du mal à mourir et le jeune du mal à naître – fasse définitivement sa mue et retrouve une nouvelle jeunesse.

D’autres que nous ont su le faire et nous rappellerons à cet égard les bonnes pratiques étrangères dont la France pourrait s’inspirer et adopterons les douze recommandations prioritaires que nous nous engagerons à promouvoir lors d’une campagne au coeur de laquelle nous formerons le souhait que soit placée l’attractivité du site France.

Ces messages, nous les délivrerons avec une ambition, celle de servir notre pays, et avec l’intime conviction que celui-ci dispose de tous les atouts et talents pour réussir, pour peu qu’il les mobilise mieux et que soient libérées les énergies qui encore trop souvent y sommeillent.

Si vous partagez cette ambition et cette conviction, rejoignez les États de la France et la communauté des sociétés étrangères « Bien en France ». Nous serons heureux de vous y accueillir.

Denis Zervudacki
Fondateur des États de la France