Attractivité : « Plus vite, plus loin… plus fort » – Manifeste des Etats de la France 2014

Voilà un an, ici-même, 53 d’entre nous avaient lancé un appel pour alerter le gouvernement et l’opinion publique sur la difficulté que nous rencontrions pour convaincre nos maisons-mères de faire le choix de la France pour y investir et y développer nos activités.

Aujourd’hui, d’autres nous ont rejoints. Nous tous présidons aux destinées françaises de filiales de sociétés à capitaux étrangers en France où nous employons plus de 200.000 salariés et réalisons plus d’une centaine de milliards de chiffre d’affaires.

Nous sommes les « ambassadeurs » de la France auprès de nos maisons-mères pour qu’elles fassent le choix de notre pays pour y créer richesse et emplois.

La communauté que nous représentons qui regroupe 20.000 entreprises apporte à notre pays une contribution vitale. Nos sociétés venues d’ailleurs emploient ici 2 millions de personnes, contribuent à hauteur de 29% du chiffre d’affaires de l’industrie française, assurent le tiers des exportations françaises, réalisent 29% de l’investissement corporel du secteur industriel et assurent 29% de la R&D des entreprises qui œuvrent en France.

L’attractivité fait l’objet d’attentions inédites

Si nous avons l’an dernier décidé de lancer notre appel, c’est que nous étions désolés de voir nombre d’arbitrages intra-groupes nous échapper, de voir que d’autres avec moins que nous faisaient mieux que nous, et pire, meurtris de voir notre pays dont nous sommes idéalement placés pour en mesurer tous les atouts, tourné en dérision dans nos sièges mondiaux et mis au ban pour tout nouvel investissement significatif en raison de son incapacité à prononcer son aggiornamento.

L’appel que nous avions alors lancé n’est pas resté lettre morte et nous nous en réjouissons. Depuis lors, l’attractivité du site France, comme jamais s’est invitée dans le débat public et à fait l’objet d’attentions inédites. Que la plus haute autorité de l’Etat dans les circonstances les plus solennelles – celle de ses vœux à la Nation – ait formé le souhait que la France soit plus attractive est la plus spectaculaire des réponses apportées à notre appel. Et depuis lors annonces ont été faites et initiatives prises qui répondent à nos attentes d’œuvrer dans un environnement réglementaire et fiscal plus lisible, plus stable, plus simple et d’avoir à supporter un coût du travail moins dissuasif quand on le compare à celui de nos concurrents.

Entre Pacte de responsabilité et de solidarité, choc de simplification, assises de la fiscalité et Conseils stratégiques de l’attractivité, nombre de mesures répondent au « choc d’attractivité » que nous avions appelé de nos vœux. Allégement du coût du travail, simplification des procédures, stabilisation de l’environnement fiscal et non rétroactivité des lois, rescrits fiscal et social, mesures en faveur de l’attractivité des talents, études d’impact, dépénalisation du délit d’entrave et mesures « French Tech » sont autant d’initiatives qui depuis un an manifestent une claire conscience de l’urgente nécessité pour la France de restaurer sa capacité attractive.

L’attractivité sociale, notre « talon d’Achille »

De cela nous nous félicitons même si nous avons à déplorer que la question de l’attractivité sociale de la France qui reste notre « talon d’Achille » n’a depuis notre appel, dans la réalité quotidienne de nos entreprises, fait l’objet d’aucune avancée significative. Nous regrettons aussi que certaines mesures souvent héritées de décisions passées viennent s’inscrire en porte-à-faux avec les objectifs affichés tel celui de la simplification ou de la diminution de la pression fiscale qui pèse sur nos entreprises.

Les annonces faites et les mesures prises ont-elles pour autant été décisives pour nous permettre d’inverser la tendance, de remettre la France sur l’écran des destinations privilégiées pour l’investissement international ? Nos quartiers généraux sont-ils sortis de l’attitude attentiste sur laquelle ils campaient vis-à-vis de notre pays ?

Certes, la priorité donnée à l’attractivité n’est pas passée inaperçue dans nos maisons mères. Nous qui croyons dans la France avons désormais, devant nous, des responsables mondiaux qui ne demandent qu’à y croire. Mais le feront lorsque la France réalisera sa promesse, passera de la parole aux actes. Longtemps incrédules les voilà impatients.

« Faster, further, stronger »,

« Snabbare, mer långtgående, mer genomgripande »,

« Schneller, weiter, stärker »,

« Geng Kuai, Geng Yuan, Geng Qiang»,

« Yori hayaku, Yori tookuni, Soshite, yori tsuyoku »,

« Mais rapido, mais longe, mais forte »

nous disent-ils d’Atlanta, de Stockholm, de Berlin, de Beijing, de Tokyo et de Sao Paolo.

« Plus vite, plus loin, plus fort » attendent-ils aujourd’hui de la France.

Nous battre à armes égales

C’est leur attente qu’aujourd’hui nous relayons. Nous le faisons car nous avons l’intime conviction qu’une mise en œuvre rapide et audacieuse des mesures annoncées nous permettrait d’attirer ici en France plus d’investissements et d’emporter plus facilement les arbitrages de nos maisons mères.

Conserver le cap, accélérer les réformes, passer à l’action, c’est ce que nous appellerons de nos vœux aujourd’hui lors des « Etats de la France ».

Nous dirons aussi qu’il faut aller plus loin et nous formerons nos recommandations qui ne seront motivées que par une ambition, celle de servir notre pays.

Des mesures courageuses et pertinentes ont été prises, il y a urgence à les mettre en œuvre. D’autres doivent l’être pour nous permettre de nous battre à armes égales avec nos principaux concurrents.

Voltaire disait « les Français arrivent tard à tout, mais enfin ils arrivent ». Il faut aller « plus vite, plus loin, plus fort » avant qu’il ne soit trop tard.

Nous tous ici prenons l’engagement de nous mobiliser puissamment pour convaincre nos maisons-mères de faire le choix de la France tout comme nous nous engageons à ne jamais céder au « french bashing » ambiant.

Lire le Manifeste des Etats de la France en anglais

Les signataires du manifeste

Christian Nibourel, Accenture France et Bénélux  ; Alain Dehaze, Adecco France  ; Jean-Pierre Letartre, EY France, Maghreb et Luxembourg ; Gerald Karsenti, HP France ; Corinne Le Goff, Roche France ; Christophe de Maistre, Siemens France ; Koen Wilms, 3M France ; Denis Terrien, 3SI Groupe ; André Loesekrug-Pietri, A CAPITAL ; Ian Funnell, ABB France ; FabriceDomange, AIG Europe de l’Ouest ; Paul Navarre, Allergan ; Robert Leblanc, Aon France ; Hervé Bourrier, Arcelor Mittal France ; Françoise Bartoli, AstraZeneca France  ; Jean-Marc Pesnel, Avago Technologies ; Nicolas Schimel, Aviva France ; Olivier Marchal, Bain & Company France ; Tony Blanco, Barclays France ; Xavier Susterac, BASF France ; Jean-Jacques Bienaimé, Biomarin ; Olivier de Clermont-Tonnerre, Bluestar Group ; Guy Maugis, Bosch France ; Xavier Garmendia, CA Technologies ; Eric Girard, Carglass France ; Didier Da Costa, Carrier ; Eric Fatalot, Chiesi ; Robert Vassoyan, Cisco Systems, Inc. France  ; Imad Benmoussa, Coca-Cola Company France ; Ben Lambrecht, Coca-Cola Entreprise France ; Aymar Hénin, Compass Group ; Jean-Claude Lévi, DHL Global Forwarding France ; Luc Poyer, E-ON France ; Franck Bouétard, Ericsson France ; Thierry Eyrard, SMAD France ; Nick Leeder, Google France ; Patrick Desbiens, GSK France ; Pascal Sabrié, Heineken France ; Pierre-Yves Jullien, Hempel France ; Amélie Vidal-Simi, Henkel France ; Fabrice Quinquenel, Hertz France ; Thierry Merlot, Hexcel France ; Valéry Mercier, IVA Meyzieu France ; Cyril Titeux, Janssen-Cilag France ; Jean-Marc Dupuis, Kobo ; Pierre Liautaud, Koné Corporation ; Dominique Virchaux, Korn Ferry ; Hervé Martino, Lennox ; Stéphane David, Lenovo France ; Eric Etchart, Manitowoc Cranes ; Pierre-Henry Longeray, Merck Serono France ; Alain Crozier, Microsoft France ; Guy Méliot, Mitsui & Co. France ; Cyril Schiever, MSD France ; Pascal, Bourdin, Mondelez ; Richard Girardot, Nestlé France S.A.S. ; Philippe Barrois, Novartis S.A.S. ; Jean-Marc Vogel, Osram SASU ; Pierre Dejoux, Otis ; Michel Ginestet, Pfizer France ; Michèle Lesieur, Philips France ; François Rispe, Prologis ; Olivier Feray, Prosegur France ; Gilles Maria, Rockwool ; Jean-Michel Duhamel, Rotam Cropsciences ; Olivier Campy, Sanden Europe ; Henri Van der Vaeren, SAP France ; Pascal Panetta, Schlumberger France ; Jérome Peribere, Sealed Air ; Michel Milcent, Selecta France ; Patrick Roméo, Shell France ; Serge Ailhaud, SKF France ; Christian Jacqui, SNC Lavalin ; Guillaume Alvarez, Steelcase ; Charles Relecom, Swisslife France ; Emmanuel De Rivoire, Takeda France ; Corinne Vigreux, Tomtom ; Marc Cogny, Toray Films Europe ; Bauke Rouwers, Unilever France ; Mike Harrell, UPS France ; Alain Rué, UTC France ; Jean-Claude Cennac, Velan France ; Jacques Rivoal, Volkswagen France ; Gilles De Paillerets, Westinghouse ; Ghislaine Auxoux-Gueden, Xerox France ; Pascal Brossard, Zambon France

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